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Ami: Ça du te faire tout qu’un snack ç’te poisson là!
Moi: Non je les remets à l’eau.
Ami: Comment ça!? t’as pas l’droit des garder?
Moi: Oui mais je veux le repogner dans une semaine, un mois, un an…

J’ai du avoir cette conversation au moins 20 fois en 2010. La mentalité de “faire sa limite”, de remplir le congélateur ou de croire que le but premier de la pêche est de mettre du poisson dans l’assiette est bien implanté. Dans ma série de billets sur la conservation du maskinongé voici donc ma contribution à tenter de faire changer les mentalités et promouvoir la remise à l’eau de cette espèce.

C’est bon à manger le maskinongé ?

Je ne suis pas de ceux qui remet à l’eau systématiquement toute prise. J’aime manger de la truite, du doré, de la perchaude et même du brochet. J’ai passé les étés de ma jeunesse sur le bord du lac Frontière où la remise à l’eau du maskinongé est encore aujourd’hui quelque chose d’abstrait. J’ai dû manger du maskinongé des dizaines de fois dans ma vie. Et oui c’est très bon à manger du maskinongé. Mais c’est comme pour les autres espèces, les gros spécimens sont moins bons. La viande d’un gros chevreuil mâle est toujours moins tendre que celle d’un jeune.

Dans la zone 8 et pour le lac Saint-Pierre, un maskinongé doit avoir au moins 41″ (103 cm) mesuré dans le V de la queue 43″ 11/16 (111 cm) mesuré au bout de la queue pour qu’il soit légal de le garder. En bas de ça il doit être gracié. C’est en partie grâce à cette règle qu’il y a de si gros spécimens qui nagent dans ces eaux. Ils ont le temps de grandir. Un poisson de taille “légale” aura plus de dix ans. On s’entend pour dire qu’un tel poisson est vieux et ne possède sûrement pas la même qualité de chair qu’un doré de 14″…

De plus, le maskinongé est au sommet de la chaîne alimentaire dans son plan d’eau. La présence de métaux lourds et de polluants dans les eaux du Saint-Laurent a beaucoup diminuée depuis les années 70, mais reste que si des contaminants sont présents dans l’eau c’est le maskinongé qui en accumulera la plus grande concentration.

Voilà deux arguments qui à eux seuls suffisent pour faire du maskinongé une espèce de pêche sportive qui est préférable de remettre à l’eau plutôt que de découper en filet.

La capacité de support du milieu

Je ne suis pas biologiste et je n’ai pas lu tout ce qui s’est fait d’études sur le maskinongé, mais je pense qu’en tant que prédateur au sommet de la chaîne alimentaire, le maskinongé est beaucoup dépendant de la capacité de support du milieu dans lequel il vit. Un lac peut soutenir un maximum de maskinongés au kilomètre carré. Sur ce nombre quelques uns seulement seront des poissons trophées. Le maskinongé ne se régénère pas au même rythme et au même volume comme la perchaude. Le maskinongé est l’espèce sportive la moins densément peuplée dans un plan d’eau.

Longeur des maskinongés en fonction de leur âge dans 3 lacs de l'Ontario (D'après Casselman et Robinson, 2000).

Longeur des maskinongés en fonction de leur âge dans 3 lacs de l'Ontario (D'après Casselman et Robinson, 2000).

Si on se mets à manger les maskinongés que l’on attrape il faudra du temps avant que d’autres maskinongés les remplacent. Combien de temps? Selon Muskies Canada voici l’âge des maskinongés en fonction de leur taille et de la dimension du plan d’eau dans lequel ils nagent.

Un maskinongé de 50″ a mis environ 20 ans avant d’atteindre cette taille. Durant ces 20 ans il a sûrement eu à se frotter aux hameçons d’un pêcheur à un moment ou un autre. Si un pêcheur décide d’en faire des filets pour son barb-Q du dimanche, il retournera dans son coin de pêche plus tard et se plaindra que la pêche n’est plus aussi bonne qu’avant.

À chaque année lors de la fin de semaine de l’ouverture au Lac Frontière se tient un tournoi de pêche au maskinongé. Le samedi matin le lac et la rivière sont envahis d’embarcations avec des pêcheurs qui n’ont qu’un seul but: ramener un maskinongé à l’hôtel pour le faire mesurer, mort évidement. Imaginez le nombre de maskinongés prélevés chaque année lors de cette fin de semaine sur ce petit plan d’eau. À quand un tournoi CPR (catch, picture and release)?

Compter sur le bon vouloir du pêcheur

Je parle souvent du Lac Frontière et de ses maskinongés. Au début des années 80 la pêche y était bonne. Mon père ramenait régulièrement ses 2 maskinongés (dans la zone 3 la limite quotidienne est de 2 et il n’y a pas de limitation sur la taille) et les prises de 33, 35 et 37″ n’étaient pas rare. Aujourd’hui une prise au dessus de 30″ est exceptionnelle. Pourquoi? Parce que la pression de pêche s’est accrue et que pratiquement tous les pêcheurs gardent leurs prises pour les manger. C’est autour de 27-28″ qu’un maskinongé atteint sa maturité reproductive (selon le Wisconsin Departement of Natural Ressources). C’est à cette âge et taille qu’il commence à agir comme un maskinongé et donc à s’attaquer aux leurres qui lui sont présentés. Un maskinongé de cette taille constitue la moyenne des prises sur le lac Frontière, parce que pour la plus part, leur existence s’arrête le jour de leur première capture. Heureusement que la reproduction est bonne sur le plan d’eau car il y aurait longtemps que la ressource serait épuisée. Le lac Frontière est un petit plan d’eau mais il est capable de produire des maskinongés de grande taille. J’ai été témoin de captures de 41, 42 et même 47″. Ces poissons avaient réussi l’exploit d’évoluer au moins 10 à 15 ans dans les eaux du lac Frontière sans avoir la malchance de s’attaquer à un leurre artificiel.

Le cas du lac Frontière n’est sûrement pas unique. Il doit y avoir d’autres lacs à maskinongés au Québec où le maskinongé subit la même pression de pêche avec trop peu de remise à l’eau. Mais la remise à l’eau dépend du bon vouloir du pêcheur. Comme je le disais précédemment, pour bien des pêcheurs cette notion de remise à l’eau reste abstraite. Pour eux, le succès de pêche passe par montrer sa prise à ses parents et amis au retour et par un bon lunch. J’ai éprouvé beaucoup plus de fierté à parader mes photos où je brandis ma prise ou celles ou je tiens le poisson par la queue lors de la remise à l’eau. Les photos prisent dans le bateau avec un maskinongé sont tellement plus réussies que celles prises avec un poisson mort devant la porte du garage à la maison et je ne parle pas de la fameuse prise des yeux…

Remettre son poisson à l'eau est aussi très valorisant.

Remettre son poisson à l'eau est aussi très valorisant.

Prêcher la remise à l’eau n’est pas suffisant. Je pense qu’il faudrait un règlement pour aider la cause. En Ontario, un règlement sera prochainement mis en vigueur qui obligera la remise à l’eau de tout maskinongé de moins de 36″ et ce pour toute la province. Un tel règlement au Québec améliorerait beaucoup la qualité de la pêche sur des petits plan d’eau comme le Lac Frontière. Un poisson de 35″ remis à l’eau et qui réussirait à éviter un pêcheur affamé pendant 2 ans ferait alors environ 40″. Si la moyenne des captures sur le Lac Frontière est aujourd’hui de 28″, avec une telle règle on passerait à une moyenne de capture de 36″ en aussi peu que 4 ou 5 ans ans. Au bout de 6 à 7 ans on commencerait à prendre des poissons de 40″ et plus. Là on commence à parler de poissons de taille respectable. Et comme la chair des gros maskinongés est moins prisées, la remise à l’eau serait peut-être plus facilement envisageable.

Des rumeurs courent qu’un nouveau règlement imposant une longueur minimum et maximum pour garder un doré serait en vigueur l’an prochain au Québec. Tant mieux! J’ai personnellement pris la résolution de remettre à l’eau tout doré de moins de 12″ et de plus de 20″. J’ai pris un 26 1/2″ l’été passé que j’ai gardé et par la suite j’ai regretté…

Comment bien pratiquer la remise à l’eau?

C’est l’information la plus abondante sur la pêche au maskinongé. Voici un video où Pete Maina explique comment faire une bonne remise à l’eau.

Conclusion

Sur les eaux du fleuve, du lac Saint-Louis, Saint-Pierre et des Deux-Montagnes la limite de taille oblige les pêcheurs à remettre les petits maskinongés à l’eau. Cette règle permet aux spécimens de grandir avant de finir dans une assiette. Mais c’est grâce à des pêcheurs qui pratiquent la remise à l’eau que lorsqu’on lance un leurre à l’eau on peut espérer capturer un monstre de plus de 50″.

Une limite de taille à l’échelle de la province améliorerait la qualité de pêche sur plusieurs plan d’eau et contribuerait aussi à rendre cette pêche plus attirante pour les pêcheurs. Plus de pêcheurs veut dire plus de retombées économiques pour les petites municipalités qui ont un lac à maskinongés sur leur territoire.

Mais l’idéal serait que tout les pêcheurs aient à coeur la conservation de l’espèce et pratiquent la remise à l’eau du maskinongé peut importe les règles. Ils s’assureraient ainsi à eux et à leurs enfants une bien meilleure qualité de pêche pour le futur. Le changement des mentalités est un long processus. Il est important de valoriser et parler de la remise à l’eau.

Mise à jour (24 février 2011)

Marc Thorpe a publié un article sur sa page Facebook qui annonce un changement dans des les règlements sur longueur minimale des maskinongés pouvant être conservés pour consommation. En gros la longueur minimale passe de 104 cm à 111 cm pour la zone 8. Un pas dans la bonne direction!

3 Responses to La remise à l’eau: changer les mentalités

  1. Cyril says:

    Excellent article, je te félicite pour ta promotion de la remise à l’eau. Un incontournable pour maintenir une qualité de pêche et continuer d’avoir du fun sur l’eau, pas juste pour le maskinongé. Tu as un super blog !

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